Les oeuvres et la personnalité
de l'écrivain-metteur en scène Frédéric
Aspisi, génèrent nombres de pensées et d'écrits... |
toujours le même fantasme de Frédéric Aspisi
" […] Il convient ici d'aborder l'idée que l'on va être dérangé, bousculé ou choqué, mais radicalement dans l'incapacité de rester indifférent.
Frédéric Aspisi est un trapéziste du mot, il va nous emmener délicatement par la main sur le fil, avec précision et fermeté. Tantôt manipulateur, tantôt victime (d'incompréhension), il nous fait visiter le sujet par les 4 coins de la pièce qu'il a en tête. Un tour du propriétaire des émotions avec une mise en scène brillante et toujours surprenante, et une manière de jouer, ou de vivre son texte, ici la frontière est mince tant il excelle de justesse de ton, intense s'il en est. […] Frédéric Aspisi nous offre des pistes plus qu'il n'en faut, on se prend à vouloir intervenir pendant son récit, prendre part ou se défendre, mais on ne peut pas alors il faut garder ce qui bouillonne pour soi, mais il nous donne aussi son aveu, son cri chuchoté, la raison de son acte ou de son non acte, dans un souffle, allez-y, pour le savoir… "
Melanie Chéreau - neigeatokyo.hautetfort.com - 29 juillet 08
" La jeune garde entre en Trans...
Deux créations marquantes ce soir au Chaudron à Paris, dans
le cadre du festival Trans... créé par Jean-Michel
Rabeux. [
]
Laboratoire. Nettement plus débridée semble la proposition
de Frédéric Aspisi, Europe, Tragedy, qui puise à
l'Ancien Testament autant qu'aux mythes grecs. En apparence du moins.
Car le spectacle qui adopte une forme laboratoire où tout se joue
à vue chemine sur le fil entre vrai-faux ratage d'une répétition
publique et incarnation des personnages du mythe d'Europe, tel que raconté
dans les Métamorphoses d'Ovide. Une mise en abyme rondement menée
par un jeune acteur-metteur en scène plein de malices et bien entouré.
Toujours à bonne distance entre le rire et l'émotion, Frédéric
Aspisi, qui mine de rien poursuit depuis des années une recherche
sur la représentation du sacrifice, s'y entend pour négocier
les points de passage entre l'ici et maintenant et la dimension du mythe
dont les acteurs se trouvent d'un coup chargés. Le jeune homme
sait qu'au théâtre cela repose beaucoup sur les entrées
et les sorties et juste ce qu'il faut de lumière placée
au bon endroit. C'est à la fois gonflé et parfait. [
]
"
Maïa Bouteillet - Libération
- 27 juin 2006
Aspisi «Un théâtre simplement nécessaire»
Pour la troisième fois, Corps de Textes accueille Frédéric
Aspisi et son ex-cie gospel. Après une résidence de création
à Dieppe (DSN) il présente la première étape
publique de son nouvel opus «décharges - ars amatoria»
dans la Chapelle Saint-Louis. Retrouvailles.
" Art d'aimer, art de mourir
Depuis le 10 novembre, Frédéric Aspisi et son « ex-cie
gospel » sont à pied d’œuvre dans le studio de
DSN pour travailler à l’élaboration de leur prochain
spectacle : décharges.
Auteur, dramaturge et metteur en scène Frédéric Aspisi
conçoit ses spectacles avec l’envie de créer une rencontre
très directe avec le public. Pour cela son propos et les formes
artistiques qu’ils emprunte n’hésitent pas à
être parfois dérangeant, à coup sûr troublant.
Sa nouvelle création Décharges est un diptyque qui traite
de la mort et du désir, la première partie « ars amatoria
» (l’art d’aimer) sera présenté à
Rouen en décembre dans le festival « Corps de Texte »,
les dieppois auront la primeur de l’ensemble du spectacle en ouverture
de VISU 06. Et si on en discutait avec lui ? "
" Frédéric Aspisi écrit dès l'âge
de treize ans des récits insensés pour briser une
vie monotone, aussi parce qu'il aime, aussi parce qu'il hait. Il écrit
des poèmes puis des chansons pour le groupe hardcore "L'esprit
du temps" qu'il a fondé avec un ami, avec qui il écrit
aussi des scénarios pour des films d'études de cinématographe
qu'ils poursuivent à Madrid (T.A.I.). Quand il rencontre le théâtre,
son écriture se penche sur le genre et dès lors il écrit,
met en scène (et souvent joue aussi) des pièces. [
]
En ce moment, il écrit un récit anthracite qui le ramène
à ses premières amours d'écriture. "
Atelier N89
- Didier Leclerc - mars 2005
" Cher Frédéric,
Je te remercie beaucoup pour ta belle lettre - merci pour l'intensité.
J'ai beaucoup réfléchi à ton spectacle pour la
Biennale de Venise. Après y avoir beaucoup pensé, ma
conclusion est que ton spectacle ne peut pas fonctionner dans le contexte
d'un festival... en général...
"Europe, tragedy" est un travail très, très
exigeant, qui joue sur la structure mythique d'une fondation, d'une
fondation occidentale. Tout y est présent. Il y a absolument
tout : philosophie et religion. C'est un travail rigoureux de la pensée,
d'une grande froideur et qui ne concède rien. Il casse continûment
la superficie de la représentation avec l'ironie de la présentation.
C'est un spectacle d'une grande dureté pour le cerveau. Il
se nourrit de cerveau, dureté philologique. Pour qui ne connaît
pas la structure mythologique, ça reste quelque chose de profondément
"loin" et impénétrable. Il demande un grand
espace autour de soi. Sa force consiste dans sa grande, très
grande fragilité. Comme ces morceaux de verre - phoenix, en
effet. C'est une dureté fragile, froide et coupante. Il y a
un moment de grande commotion, un seul : lorsque Europe est tout d'un
coup baignée par un seau d'eau et la longue pause de silence
suit. Pour moi, évidemment, toutes ces choses sont des choses
très fortes et sincères. Je ne sais pas comment le dire,
mais la Biennale (et aucun contexte italien - et français ?)
n'est pas encore prête pour un spectacle comme celui ci. Moi,
je te le dis dans toute sincérité, je n'ai pas le courage
de le présenter à la Biennale. Il s'agit d'un spectacle
avec une personnalité qui "troue" et qui laisse stupéfait.
J'ai beaucoup réfléchi, mais le dessin de mon programme
ne réussit pas à
contenir une pointe comme celle ci. C'est un problème de proportions
et des contrepoints. Le dessin même du programme s'autodétermine
et il s'arrange sur certaines positions. Dans un certain sens, "Europe,
tragedy" est trop en avance. crois-moi si tu peux. "
traduction d'un courriel de
Romeo Castellucci après qu'il ait vu
Europe, tragedy en novembre 04 pour une possible programmation
à la biennale de venise (section théâtre - édition
05)
" [
] Les acteurs entrent et sortent dans ce qui est, en
apparence, la réalité, le jeu et les mythes. C'est comique
et cela crée une communication qui traverse l'espace dans tous
les sens. La pièce est parfois effrayante et mystique parce qu'on
ne sait jamais à quoi s'attendre. Tout peut arriver. (
) Europe,
tragedy contient plusieurs éléments relativement absurdes
(
) L'atmosphère passe de l'humour à des moments de
suspens intenses, de rythmes du type disco à des silences où
seule la respiration s'entend. Grâce à cela, l'histoire s'illumine
au cour du spectacle de façon singulière, d'une confusion
rêveuse à une certitude éveillée. C'est un
spectacle fascinant, si différent des autres. Il provoque l'envie
et l'aptitude à se laisser étonner et guider, parfois dans
un temps qui semble presque immobile. C'est d'une bonne sensation qui
nous oblige à nous remettre en cause. [
] "
Live Sætre - Gudbrandsdølen Dagningen -
27 mai 2004
" Parler de Frédéric Aspisi est une chose aisée,
parler de l'auteur est plus difficile, plus complexe, car son écriture
a été durant ces dernières années l'une
des plus belles qu'il m'ait été donné de lire.
Une écriture nourrie du passé mais tellement contemporaine
dans le meilleur sens, c'est-à-dire dans la résonance
qu'elle provoque. Il est rare de rencontrer un jeune créateur,
où l'on peut dire à coup sûr, qu'il est l'auteur
de demain. Mes élèves du Conservatoire y trouvent un intérêt
évident, les lecteurs de mon édition, eux d'une autre
génération, l'ont immédiatement repéré.
Les dramaturges comme Durif l'aiment, et lui offrent une préface
pour mieux le faire connaître et apprécier des médias.
Une jeune comédienne de la Comédie Française, amoureuse
de la dramaturgie contemporaine, lit devant un auditoire enthousiaste
(au Centre National du Théâtre à Paris) son texte
" Une apologie bien particulière, Rabeux-Durif ", et
je suis heureux aujourd'hui que Marianne Clévy, responsable
du festival des écritures contemporaines en scène, Corps
de textes, reprenne le flambeau pour imposer de nouveau l'évidence
de la création et de l'univers de Frédéric Aspisi.
"
Michel Archimbaud pour Corps de Textes 2004 - printemps
2004
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